Couteaux d’aristocrates ?
Ces superbes instruments « seraient » des couteaux de parade aux lames d’acier importé et manches en cuivre. Ils étaient portés en bandoulière ou sous l’aisselle par les chefs de clans vassaux et pouvaient également servir dans les sacrifices. Sur le manche du modèle présenté, en cuivre, on peut voir un homme à califourchon (qui peut représenter le propriétaire) accompagné d’un zébu et d’un crocodile - qui sont la réincarnation de deux ancêtres – et d’un canard à bosse sur le pommeau, l’un des oiseaux intercesseurs entre les vivants et les morts, symbole de fécondité.
Les "Bara" sont un peuple de pasteurs, la vie de cette société étant fondée sur la propriété de très grands troupeaux. Le métal préféré des forgerons "Bara" était le cuivre, métal le plus précieux car rare.
Avec l’arrivée des Européens au XIXe siècle le cuivre provenait de la récupération, notamment des pièces de monnaie, fils téléphoniques, douilles de balles, etc…
Les forgerons "Bara" n’utilisaient pas la méthode de la fonte à la cire perdue, mais travaillaient le métal au sortir du four, encore malléable avec toute une gamme de ciseaux, scies, limes et autres pointes diverses et sculptaient le métal en artistes comme ils l’étaient aussi sur le bois.
Avec la disparition des Royaumes et de leur noble clientèle les forgerons "Bara" ont perdu leur art et ont progressivement disparu…